La nutrition est peut-être le domaine de la science le plus pollué par les fausses croyances. Entre les lobbies alimentaires, les régimes à la mode, les gourous du bien-être et les conseils de grands-mères transmis de génération en génération, il est devenu extraordinairement difficile de savoir quoi manger. Voici 20 mythes nutritionnels que la recherche scientifique a formellement démontés — ou sérieusement nuancés.

Mythes sur les graisses

01

Le gras fait grossir

MYTHE — simplification dangereuse

L'idée que les graisses alimentaires se déposent directement sous forme de graisse corporelle est une confusion entre chimie alimentaire et physiologie. Ce qui fait grossir, c'est un excès calorique chronique — quelle qu'en soit la source (lipides, glucides ou protéines). Les graisses ont 9 kcal par gramme contre 4 pour les glucides et protéines, ce qui les rend caloriquement denses — mais une alimentation riche en bonnes graisses et pauvre en calories totales n'entraîne pas de prise de poids.

La grande peur des graisses des années 1980 et 1990 s'est appuyée en partie sur des travaux orientés : en 1965, la Sugar Research Foundation a financé une revue de la littérature, publiée dans le New England Journal of Medicine, qui désignait les graisses et le cholestérol comme causes des maladies coronariennes et minimisait le rôle du sucre (Kearns et coll., 2016). Les produits « faibles en gras » se sont ensuite multipliés, souvent enrichis de sucres pour compenser le goût. Dans le grand essai espagnol PREDIMED, un régime méditerranéen riche en huile d'olive extra-vierge ou en noix a réduit d'environ 30 % les accidents cardiovasculaires majeurs par rapport à un régime pauvre en gras. La première publication de l'essai, en 2013, a été retirée en 2018 à cause d'irrégularités dans la répartition des participants, puis republiée avec une nouvelle analyse aux conclusions semblables.

Sources : Kearns et coll., JAMA Internal Medicine, 2016 ; Estruch et coll., New England Journal of Medicine, 2018.

02

Les graisses saturées bouchent les artères

NUANCE — beaucoup plus complexe

Pendant des décennies, les graisses saturées (beurre, fromage, viande rouge) ont été présentées comme l'ennemi public numéro un des artères. Le tableau s'est nuancé. En 2014, une méta-analyse des Annals of Internal Medicine a comparé, dans 32 études d'observation réunissant 530 525 participants, les plus gros et les plus petits consommateurs de graisses saturées : pas de différence nette de risque coronarien (risque relatif de 1,02). Les essais randomisés, plus solides, racontent toutefois autre chose : selon la revue Cochrane de 2020, qui réunit 15 essais et 56 675 participants, réduire les graisses saturées pendant au moins deux ans diminue d'environ 17 % les accidents cardiovasculaires.

Les graisses saturées font monter le cholestérol LDL, le « mauvais », mais aussi le HDL, le « bon ». L'effet dépend aussi de ce qui les remplace : le Guide alimentaire canadien recommande de remplacer les aliments qui contiennent surtout des lipides saturés par des aliments qui contiennent surtout des lipides insaturés, comme les noix, les graines, les poissons gras et les huiles végétales. Le contexte alimentaire global prime sur un nutriment isolé.

Sources : Chowdhury et coll., Annals of Internal Medicine, 2014 ; Hooper et coll., Cochrane, 2020 ; Guide alimentaire canadien, annexe B.

Mythes sur les glucides et le sucre

03

Les glucides sont l'ennemi absolu

MYTHE

L'explosion des régimes faibles en glucides et cétogènes a fait des glucides l'ennemi numéro un. La réalité est plus nuancée : tous les glucides ne se ressemblent pas. Les glucides raffinés (sucre blanc, pain blanc, boissons gazeuses) ont peu de valeur nutritive et font grimper la glycémie. Les glucides complexes et riches en fibres (légumineuses, céréales à grains entiers, légumes) vont dans l'autre sens : selon une série de méta-analyses publiée dans The Lancet en 2019, les plus grands consommateurs de fibres ont de 15 à 30 % moins de décès, de maladies coronariennes, d'AVC, de diabète de type 2 et de cancers colorectaux que les plus petits (Reynolds et coll.).

À Okinawa, au Japon, l'alimentation traditionnelle tirait environ 85 % de ses calories des glucides, et plus de la moitié de la seule patate douce (Willcox et coll., 2014) ; cette population a longtemps compté parmi les plus longévives du monde. La Sardaigne et l'île grecque d'Ikaria, deux autres « zones bleues » réputées pour leur longévité, ont aussi des alimentations surtout végétales, où les légumineuses tiennent une grande place (Buettner et Skemp, 2016). Le problème n'est pas les glucides : c'est leur qualité et la densité calorique globale de l'alimentation.

Sources : Reynolds et coll., The Lancet, 2019 ; Willcox et coll., Mechanisms of Ageing and Development, 2014 ; Buettner et Skemp, American Journal of Lifestyle Medicine, 2016.

04

Le pain complet est toujours meilleur que le pain blanc

NUANCE

En principe, le pain à grains entiers contient plus de fibres, de minéraux et de vitamines que le pain blanc. Mais un essai publié en 2017 dans Cell Metabolism a réservé une surprise : après une semaine de pain blanc industriel et une semaine de pain au levain de grains entiers, les participants ne montraient aucune différence moyenne sur une série de marqueurs cliniques, et la réponse de leur glycémie variait fortement d'une personne à l'autre, en lien avec leur microbiote intestinal. Chez certains, le pain blanc faisait moins monter la glycémie que le pain complet (Korem et coll.).

De plus, les mentions « blé entier » et « multigrains » ne garantissent pas un produit à grains entiers, et certains pains en ont seulement la couleur. Le Guide alimentaire canadien conseille de lire la liste des ingrédients et de choisir les produits dont les premiers ingrédients portent les mots « grains entiers » précédés du nom du grain, comme « blé à grains entiers ». La règle générale reste valide, mais la réponse de chaque organisme varie.

Sources : Korem et coll., Cell Metabolism, 2017 ; Guide alimentaire canadien, grains entiers.

05

Le miel est meilleur que le sucre

NUANCE

Le miel contient effectivement des antioxydants, des enzymes et des traces de nutriments absents dans le sucre blanc. Il a également un index glycémique légèrement plus bas pour certaines variétés. Mais sur le plan calorique et métabolique pour la plupart des usages, le miel reste principalement du sucre (fructose + glucose) et affecte la glycémie d'une manière similaire. Pour quelqu'un cherchant à réduire son apport en sucre, remplacer le sucre par du miel est un bénéfice marginal — pas une révolution nutritionnelle. Les quantités restent l'enjeu principal.

Mythes sur les protéines

06

Il faut manger des protéines dans les 30 minutes après l'entraînement

MYTHE — fenêtre anabolique exagérée

Le concept de « fenêtre anabolique », cette période de 30 minutes après l'exercice où les muscles absorberaient les protéines avec une efficacité maximale, a été largement exagéré. Une revue de 2013 remet en question l'importance, et même l'existence, d'une telle fenêtre (Aragon et Schoenfeld), et une méta-analyse de la même année ne trouve plus d'effet du moment de la prise une fois les autres facteurs pris en compte : c'est la quantité totale de protéines qui prédit le mieux le gain musculaire (Schoenfeld, Aragon et Krieger).

Ce qui compte davantage : l'apport total en protéines sur la journée (0,8 à 2g par kg de poids selon l'activité), la qualité des protéines (profil en acides aminés essentiels), et la régularité des repas. Si vous vous entraînez après un repas riche en protéines, votre "fenêtre" est encore plus large. La précipitation pour avaler un shake protéiné à la seconde où vous quittez la salle est inutile.

Sources : Aragon et Schoenfeld, Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2013 ; Schoenfeld, Aragon et Krieger, même revue, 2013.

07

Les protéines végétales sont "incomplètes" et insuffisantes

MYTHE — ou presque

Pendant longtemps, on a dit que les protéines végétales étaient "incomplètes" — qu'il fallait combiner des légumineuses et des céréales au même repas pour obtenir tous les acides aminés essentiels. L'autrice américaine Frances Moore Lappé a popularisé cette théorie dans son livre de 1971, puis l'a elle-même révisée dans une édition de 1981, reconnaissant que la complémentation protéique n'avait pas besoin d'être faite au même repas.

Votre organisme maintient une réserve d'acides aminés qui se combinent au fil de la journée, et une alimentation végétale variée fournit l'ensemble des acides aminés essentiels. L'Academy of Nutrition and Dietetics, la grande association américaine de diététistes, juge qu'une alimentation végétarienne ou végétalienne bien planifiée est saine, adéquate sur le plan nutritionnel et convient à toutes les étapes de la vie, y compris aux sportifs (Melina, Craig et Levin, 2016).

Source : Melina, Craig et Levin, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 2016.

Conseil clé

En nutrition, méfiez-vous de toute règle absolue. La science de la nutrition est encore jeune, les études épidémiologiques ont des limites importantes (les gens rapportent mal ce qu'ils mangent, et une association ne prouve pas une causalité). La meilleure approche : aliments peu transformés, variété, abondance de végétaux, et écoute de votre corps.

Mythes sur les régimes et la perte de poids

08

Les régimes "détox" permettent de maigrir durablement

MYTHE

Les cures de jus, les jeûnes détox et les régimes draconiens de 3 à 7 jours produisent une perte de poids rapide visible sur la balance — mais cette perte est presque entièrement constituée d'eau et de glycogène (réserves de glucides musculaires), pas de graisse. Dès que vous reprenez une alimentation normale, ces réserves se reconstituent et les kilos reviennent.

La plupart des interventions amaigrissantes suivent le même parcours : une perte rapide, un plateau, puis une reprise progressive (Hall et Kahan, 2018). Une forte perte de poids peut aussi s'accompagner d'une baisse durable de la dépense au repos : six ans après l'émission The Biggest Loser, le métabolisme de repos des 14 anciens concurrents suivis restait d'environ 500 kcal par jour sous la valeur attendue pour leur composition corporelle (Fothergill et coll., 2016). Quant aux cures détox commerciales, une revue de 2015 n'a trouvé aucun essai randomisé qui les évalue chez l'humain (Klein et Kiat ; voir notre page sur la détox et les cures de jus). La perte de poids durable passe par des changements progressifs et soutenables, pas par des cures de quelques jours.

Sources : Hall et Kahan, Medical Clinics of North America, 2018 ; Fothergill et coll., Obesity, 2016 ; Klein et Kiat, Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2015.

09

Manger "sans gluten" est plus sain pour tout le monde

MYTHE

Le gluten est une protéine présente dans le blé, l'orge et le seigle. Pour les personnes atteintes de maladie cœliaque (environ 1% de la population), son ingestion provoque une réponse immunitaire sévère endommageant l'intestin grêle — l'éviction totale est médicalement impérative. Pour les personnes souffrant de "sensibilité au gluten non cœliaque" (dont l'existence même est encore débattue dans la littérature scientifique), une réduction peut soulager certains symptômes digestifs.

Mais pour la grande majorité de la population, manger sans gluten n'apporte aucun bénéfice démontré. Dans une étude qui a suivi 110 017 infirmières et professionnels de la santé américains pendant 26 ans, la consommation de gluten n'était pas liée au risque de maladie coronarienne ; ses auteurs déconseillent de promouvoir le sans-gluten chez les personnes non cœliaques, qui risquent de manger moins de grains entiers bénéfiques (Lebwohl et coll., 2017). Le gluten lui-même n'est pas toxique pour les personnes qui n'y sont pas sensibles. Voir aussi notre page sur le gluten.

Source : Lebwohl et coll., BMJ, 2017.

10

Les superaliments préviennent le cancer

MYTHE

Bleuets, curcuma, graines de chia, baies de goji, spiruline… Le marketing des "superaliments" est une industrie lucrative. Le problème : le terme "superaliment" n'existe pas en nutrition scientifique. Il n'y a pas de définition réglementaire et aucun aliment seul ne peut prévenir ou traiter le cancer.

Des aliments comme les bleuets sont riches en antioxydants, mais les antioxydants en supplément ont souvent déçu, voire nui : dans un grand essai finlandais publié en 1994, les fumeurs qui prenaient du bêta-carotène en supplément ont eu 18 % plus de cancers du poumon que les autres. Manger une grande variété de fruits et légumes colorés est recommandé, mais aucun aliment miracle n'existe : l'effet bénéfique vient de l'alimentation globale, pas d'un ingrédient isolé.

Source : ATBC Study Group, New England Journal of Medicine, 1994.

10 mythes supplémentaires en bref

11

Il faut faire 3 repas par jour

CULTUREL, PAS UNIVERSEL

La règle des trois repas quotidiens est une construction culturelle et sociale, pas une nécessité physiologique. Une méta-analyse de 2015 ne trouve pas d'avantage net à multiplier les repas pour perdre du gras (Schoenfeld, Aragon et Krieger), et le jeûne intermittent ne fait pas mieux qu'une réduction classique des calories (voir notre page sur le jeûne intermittent). Ce qui compte : l'apport total et la qualité des aliments.

Source : Schoenfeld, Aragon et Krieger, Nutrition Reviews, 2015.

12

Les oeufs augmentent le cholestérol dangereux

RÉVISÉ

Cette croyance a conduit des générations à éviter les jaunes d'œuf. La réalité : pour la plupart des personnes, le cholestérol alimentaire a un effet limité sur le cholestérol sanguin, car le foie compense en produisant moins. Une grande analyse publiée en 2020 dans le BMJ, qui réunit trois cohortes américaines suivies jusqu'à 32 ans et une méta-analyse mise à jour, ne trouve pas d'association entre une consommation modérée d'œufs, jusqu'à environ un par jour, et le risque cardiovasculaire.

Source : Drouin-Chartier et coll., BMJ, 2020.

13

Le lait est indispensable pour des os solides

NUANCE

Le calcium du lait est bien absorbé et contribue à la santé osseuse, mais le lait n'est pas la seule source de calcium : les légumes verts comme le chou frisé et le brocoli, les sardines avec leurs arêtes, les amandes, le tofu et les légumineuses en fournissent aussi. Une méta-analyse de 2011 portant sur 195 102 femmes n'a trouvé aucune association entre la quantité de lait bue et le risque de fracture de la hanche ; chez les hommes, les données étaient trop peu nombreuses pour conclure (Bischoff-Ferrari et coll.). Depuis 2019, le Guide alimentaire canadien n'a d'ailleurs plus de groupe des produits laitiers : le lait, le yogourt et le fromage plus faibles en gras figurent parmi les aliments protéinés. L'activité physique et la vitamine D comptent aussi pour les os.

Sources : Bischoff-Ferrari et coll., Journal of Bone and Mineral Research, 2011 ; Guide alimentaire canadien, aliments protéinés.

14

Les aliments biologiques sont nutritionnellement supérieurs

NUANCE

Les aliments biologiques peuvent contenir un peu plus de certains antioxydants. Une méta-analyse de 2014 portant sur 343 publications a trouvé dans les cultures biologiques plus de polyphénols, moins de cadmium et moins souvent des résidus de pesticides (Barański et coll.). Mais une revue de 2012 n'a pas trouvé de preuve solide que les aliments biologiques soient nettement plus nutritifs, ni que les consommer améliore la santé (Smith-Spangler et coll.). L'avantage le plus net reste une exposition plus faible aux résidus de pesticides.

Sources : Barański et coll., British Journal of Nutrition, 2014 ; Smith-Spangler et coll., Annals of Internal Medicine, 2012.

15

Les édulcorants artificiels aident à maigrir

DÉBATTU

La logique semble évidente : remplacer le sucre par un édulcorant sans calorie devrait aider à perdre du poids. Les données sont mitigées. Une méta-analyse publiée en 2017 dans le CMAJ, le journal de l'Association médicale canadienne, n'a trouvé aucun effet significatif sur l'indice de masse corporelle dans les essais randomisés, tandis que dans les études d'observation, la consommation régulière d'édulcorants allait de pair avec une prise de poids et plus de cas d'obésité, d'hypertension, de syndrome métabolique et de diabète de type 2 (Azad et coll.). Ces associations ne prouvent pas que les édulcorants en soient la cause. En 2023, l'Organisation mondiale de la santé a toutefois recommandé de ne pas les utiliser pour contrôler son poids.

Sources : Azad et coll., CMAJ, 2017 ; OMS, ligne directrice sur les édulcorants, 2023.

16

Il faut éviter de manger des fruits le soir (trop de sucre)

MYTHE

Les fruits contiennent du fructose, un sucre naturel accompagné de fibres, d'eau, de vitamines et d'antioxydants. Rien ne justifie de les bannir le soir : ce qui compte, c'est la quantité totale de calories et de sucres ajoutés sur la journée, pas l'heure à laquelle on mange une pomme. Remplacer un dessert ultratransformé par un fruit, quelle que soit l'heure, reste un meilleur choix.

17

Le régime cétogène (keto) est le meilleur pour perdre du poids

CONTEXTUEL

Le régime cétogène, très faible en glucides et très riche en graisses, produit une perte de poids rapide au début, en bonne partie de l'eau liée à l'épuisement des réserves de glycogène. À long terme, l'avantage est mince : une méta-analyse de 2013 lui accorde moins d'un kilo de plus qu'un régime pauvre en gras après au moins un an, avec un cholestérol LDL un peu plus élevé (Bueno et coll.), et dans l'essai DIETFITS (609 adultes, 12 mois), un régime faible en glucides n'a pas fait significativement mieux qu'un régime faible en gras (Gardner et coll., 2018). Le cétogène a des usages médicaux précis, comme certaines épilepsies résistantes aux médicaments, mais pour la population générale, le meilleur régime est celui qu'on peut tenir longtemps.

Sources : Bueno et coll., British Journal of Nutrition, 2013 ; Gardner et coll., JAMA, 2018.

18

Les jus de fruits sont aussi sains que les fruits entiers

MYTHE

Un verre de jus d'orange « 100 % pur » n'équivaut pas à une orange. Le pressage élimine l'essentiel des fibres, qui ralentissent l'absorption du sucre et favorisent la satiété, et un verre concentre le sucre de plusieurs fruits. Dans trois grandes cohortes américaines, manger plus de fruits entiers allait de pair avec un risque un peu plus faible de diabète de type 2, et boire plus de jus avec un risque plus élevé (Muraki et coll., 2013). L'OMS compte d'ailleurs les sucres des jus de fruits parmi les « sucres libres » à limiter, et le Guide alimentaire canadien range les jus de fruits parmi les boissons sucrées.

Sources : Muraki et coll., BMJ, 2013 ; OMS, sucres libres, 2015 ; Guide alimentaire canadien, boissons sucrées.

19

Manger épicé accélère le métabolisme

VRAI, MAIS MODESTE

La capsaïcine, le principe actif des piments, augmente un peu la dépense d'énergie et la combustion des graisses, surtout à forte dose, et pourrait modérer l'appétit. Mais une méta-analyse de 2012 juge ces effets faibles : au mieux une aide modeste à la gestion du poids (Ludy, Moore et Mattes). Mangez épicé si vous aimez ça, mais pas pour brûler des calories.

Source : Ludy, Moore et Mattes, Chemical Senses, 2012.

20

Le sel iodé est dangereux pour la santé

MYTHE

L'iode est essentiel au développement du cerveau du fœtus et du jeune enfant, et sa carence cause le goitre. L'OMS recommande d'ioder tout le sel de qualité alimentaire, celui des ménages comme celui de l'industrie, une stratégie qu'elle juge sûre et efficace. Au Canada, le sel de table vendu pour l'usage domestique doit contenir 0,01 % d'iodure de potassium, une obligation qui aide à prévenir le goitre, selon l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Les personnes atteintes de certaines maladies de la thyroïde peuvent devoir surveiller leur apport en iode, mais pour la population générale, le sel iodé ne pose pas de problème : c'est la quantité totale de sel qu'il vaut mieux surveiller.

Sources : OMS, iodation du sel ; Agence canadienne d'inspection des aliments, sel.

En résumé

La nutrition est une science en évolution. Les recommandations changent à mesure que la recherche progresse. Méfiez-vous des régimes "révolutionnaires", des interdits absolus et des "superaliments" miracles. Les grandes études convergent vers un principe simple : une alimentation variée, riche en végétaux peu transformés, limitée en sucres ajoutés et ultra-transformés, adaptée à votre corps et vos préférences culturelles.

Sources

  1. Kearns, Schmidt et Glantz, « Sugar Industry and Coronary Heart Disease Research: A Historical Analysis of Internal Industry Documents », JAMA Internal Medicine, 2016.
  2. Estruch et coll., « Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts », New England Journal of Medicine, 2018 (version republiée de l'essai PREDIMED).
  3. Chowdhury et coll., « Association of dietary, circulating, and supplement fatty acids with coronary risk: a systematic review and meta-analysis », Annals of Internal Medicine, 2014.
  4. Hooper et coll., « Reduction in saturated fat intake for cardiovascular disease », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020.
  5. Santé Canada, « Annexe B : Sommaire des lignes directrices et considérations », Lignes directrices canadiennes en matière d'alimentation.
  6. Reynolds et coll., « Carbohydrate quality and human health: a series of systematic reviews and meta-analyses », The Lancet, 2019.
  7. Willcox, Scapagnini et Willcox, « Healthy aging diets other than the Mediterranean: a focus on the Okinawan diet », Mechanisms of Ageing and Development, 2014.
  8. Buettner et Skemp, « Blue Zones: Lessons From the World's Longest Lived », American Journal of Lifestyle Medicine, 2016.
  9. Korem et coll., « Bread Affects Clinical Parameters and Induces Gut Microbiome-Associated Personal Glycemic Responses », Cell Metabolism, 2017.
  10. Santé Canada, « Mangez des aliments à grains entiers », Guide alimentaire canadien.
  11. Aragon et Schoenfeld, « Nutrient timing revisited: is there a post-exercise anabolic window? », Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2013.
  12. Schoenfeld, Aragon et Krieger, « The effect of protein timing on muscle strength and hypertrophy: a meta-analysis », Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2013.
  13. Melina, Craig et Levin, « Position of the Academy of Nutrition and Dietetics: Vegetarian Diets », Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 2016.
  14. Hall et Kahan, « Maintenance of Lost Weight and Long-Term Management of Obesity », Medical Clinics of North America, 2018.
  15. Fothergill et coll., « Persistent metabolic adaptation 6 years after "The Biggest Loser" competition », Obesity, 2016.
  16. Klein et Kiat, « Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence », Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2015.
  17. Lebwohl et coll., « Long term gluten consumption in adults without celiac disease and risk of coronary heart disease: prospective cohort study », BMJ, 2017.
  18. Alpha-Tocopherol, Beta Carotene Cancer Prevention Study Group, « The effect of vitamin E and beta carotene on the incidence of lung cancer and other cancers in male smokers », New England Journal of Medicine, 1994.
  19. Schoenfeld, Aragon et Krieger, « Effects of meal frequency on weight loss and body composition: a meta-analysis », Nutrition Reviews, 2015.
  20. Drouin-Chartier et coll., « Egg consumption and risk of cardiovascular disease: three large prospective US cohort studies, systematic review, and updated meta-analysis », BMJ, 2020.
  21. Bischoff-Ferrari et coll., « Milk intake and risk of hip fracture in men and women: a meta-analysis of prospective cohort studies », Journal of Bone and Mineral Research, 2011.
  22. Santé Canada, « Mangez des aliments protéinés », Guide alimentaire canadien.
  23. Barański et coll., « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses », British Journal of Nutrition, 2014.
  24. Smith-Spangler et coll., « Are organic foods safer or healthier than conventional alternatives?: a systematic review », Annals of Internal Medicine, 2012.
  25. Azad et coll., « Nonnutritive sweeteners and cardiometabolic health: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials and prospective cohort studies », CMAJ, 2017.
  26. Organisation mondiale de la santé, Use of non-sugar sweeteners: WHO guideline, 2023 (en anglais).
  27. Bueno et coll., « Very-low-carbohydrate ketogenic diet v. low-fat diet for long-term weight loss: a meta-analysis of randomised controlled trials », British Journal of Nutrition, 2013.
  28. Gardner et coll., « Effect of Low-Fat vs Low-Carbohydrate Diet on 12-Month Weight Loss in Overweight Adults and the Association With Genotype Pattern or Insulin Secretion: The DIETFITS Randomized Clinical Trial », JAMA, 2018.
  29. Muraki et coll., « Fruit consumption and risk of type 2 diabetes: results from three prospective longitudinal cohort studies », BMJ, 2013.
  30. Organisation mondiale de la santé, « WHO calls on countries to reduce sugars intake among adults and children », communiqué du 4 mars 2015 (en anglais).
  31. Santé Canada, « Les boissons sucrées », Guide alimentaire canadien.
  32. Ludy, Moore et Mattes, « The effects of capsaicin and capsiate on energy balance: critical review and meta-analyses of studies in humans », Chemical Senses, 2012.
  33. Organisation mondiale de la santé, « Salt iodization », bibliothèque eLENA (en anglais).
  34. Agence canadienne d'inspection des aliments, « Exigences en matière d'étiquetage du sel ».

Correction du 29 octobre 2026 : la version de mars citait l'essai PREDIMED dans sa publication de 2013, retirée en 2018 (la version republiée est maintenant citée), attribuait l'étude sur le pain à un article sur les probiotiques, rangeait la Crète parmi les zones bleues (il s'agit d'Ikaria), présentait une revue sur la fenêtre anabolique comme une méta-analyse et Frances Moore Lappé comme une diététicienne. Nous avons nuancé les passages sur les graisses saturées, le jeûne intermittent, les édulcorants et le régime cétogène, et retiré des chiffres sans source (sucre d'un verre de jus, effet des piments, part de la population à qui le gluten ne pose pas problème), des noms d'athlètes cités sans appui, une recommandation de Grokipedia présentée comme mieux sourcée que Wikipédia et le formulaire d'infolettre. Les autres verdicts sont inchangés ; les études qui les appuient sont maintenant liées. Sources consultées le 29 octobre 2026.