Les ingrédients d'une bulle sont là : une concentration record des indices boursiers, des valorisations élevées et des investissements massifs portés par un récit puissant. La Banque d'Angleterre, la Banque du Canada et le FMI ont tous trois mis en garde contre le risque d'une correction marquée. Mais personne ne peut dater un éclatement, et les leaders actuels dégagent de vrais profits, contrairement à beaucoup de sociétés de 2000. Verdict : réalité nuancée, un risque réel et non une certitude.
Cet article a été préparé avec Claude, le modèle d'IA d'Anthropic, une entreprise de ce secteur. Chaque fait a été vérifié dans les sources citées en bas de page. La version du 7 mai contenait des probabilités et des chiffres sans source, retirés le 29 octobre 2026 : voir la note de correction.
Ce qu'a été la bulle point-com
Le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques américaines, a clôturé à 5 048,62 points le 10 mars 2000, un sommet. Il a ensuite perdu 78,4 % de sa valeur jusqu'à son creux de 2002, environ 31 mois plus tard, et n'a battu ce record que le 23 avril 2015, selon Fortune. Entre-temps, des sociétés sans profits ont disparu, comme Pets.com, fermée en novembre 2000, quelques mois après son entrée en Bourse.
La bulle avait aussi un volet d'infrastructures : les opérateurs de télécommunications avaient posé bien plus de fibre optique que la demande n'en exigeait. Global Crossing a déclaré faillite en janvier 2002, et WorldCom en juillet 2002, après une fraude comptable.
Les ressemblances avec 2000
1. Une concentration record
En octobre 2025, la Banque d'Angleterre notait que la hausse des titres technologiques avait porté la concentration des indices boursiers américains à des niveaux records : les cinq plus grandes sociétés du S&P 500 en représentaient près de 30 %. Si l'une d'elles trébuche, c'est tout l'indice qui le sent.
2. Des valorisations tendues
La même Banque d'Angleterre jugeait les valorisations « tendues », surtout pour les entreprises technologiques axées sur l'IA, et estimait que le risque d'une correction brutale avait augmenté. Selon une mesure de long terme qui lisse les bénéfices sur dix ans, le rendement implicite des actions américaines était comparable à celui du sommet de la bulle point-com.
3. Un récit puissant
« Internet va tout changer » en 2000, « l'IA va tout changer » aujourd'hui. Le récit de 2000 était juste sur le fond : Internet a bel et bien transformé l'économie. Mais il ne justifiait pas les prix payés en mars 2000, et le Nasdaq a mis quinze ans à retrouver son sommet. Un récit vrai ne valide pas une valorisation.
4. Des investissements massifs
En 2000, les télécoms ont surinvesti dans la fibre. Aujourd'hui, les géants du numérique investissent des sommes considérables dans les centres de données. La Banque du Canada relevait en mai 2026 que l'IA suscite des « craintes de surinvestissement », et le FMI s'inquiétait en octobre 2026 du financement circulaire du secteur, où les mêmes entreprises financent leurs propres clients : une boucle positive aujourd'hui, qui pourrait s'inverser si les revenus promis ne se matérialisent pas.
Les différences avec 2000
1. De vrais profits
Beaucoup de sociétés de 2000 n'avaient jamais gagné d'argent. Les leaders actuels, si : Nvidia a déclaré 215,9 milliards de dollars américains de revenus pour son exercice 2026, terminé en janvier, en hausse de 65 %. La question n'est donc pas de savoir si les revenus sont réels, mais si les prix actuels supposent une croissance que personne ne peut garantir.
2. Des mesures qui ne disent pas toutes la même chose
Selon la Banque d'Angleterre, le ratio cours-bénéfices prévisionnel du S&P 500 restait en octobre 2025 sous les niveaux atteints pendant la bulle point-com, même si la mesure de long terme évoquée plus haut s'en approchait. Les signaux d'alerte sont réels, mais ils ne pointent pas tous dans la même direction.
Ce que disent les institutions
| Institution | Date | Ce qu'elle dit |
|---|---|---|
| Banque d'Angleterre | 8 octobre 2025 | Le risque d'une correction brutale a augmenté ; valorisations tendues, surtout pour les entreprises axées sur l'IA. |
| Banque du Canada | 28 mai 2026 | Valorisations élevées par rapport aux normes historiques, ce qui rend les marchés plus vulnérables à une correction marquée ; l'IA suscite des craintes de surinvestissement. |
| FMI | 13 octobre 2026 | Une correction liée à l'IA figure parmi trois risques clés ; le FMI précise qu'il ne prédit pas cette correction, mais qu'elle reste un risque vu la forte dépendance au secteur. |
Quatre signaux à surveiller
1 Les budgets d'investissement des géants du numérique
Les grandes entreprises du nuage publient chaque trimestre leurs prévisions de dépenses. Un recul marqué serait le signe que la demande en calcul ralentit.
2 Les revenus promis
Le FMI insiste sur les revenus promis par les entreprises d'IA : s'ils ne se matérialisent pas, le financement circulaire du secteur pourrait se gripper.
3 Les taux d'intérêt
Le FMI cite aussi la hausse des taux obligataires, qui pourrait peser sur les bénéfices et, par ricochet, sur les cours.
4 Le coût du calcul
Si des modèles plus efficaces font baisser fortement le coût de l'IA, la demande en puces et en centres de données pourrait ralentir.
Verdict
Les ressemblances avec 2000 sont réelles et les grandes institutions financières les prennent au sérieux. Mais une bulle ne se reconnaît vraiment qu'après coup, et les leaders actuels reposent sur des profits que les vedettes de 2000 n'avaient pas.
RÉALITÉ NUANCÉEQuestions fréquentes
Est-ce que la course à l'IA est une bulle ?
Peut-être, mais personne ne peut l'affirmer avec certitude. La Banque d'Angleterre, la Banque du Canada et le FMI jugent les valorisations élevées et le risque de correction réel, sans prédire qu'elle aura lieu. Contrairement à beaucoup de sociétés de 2000, les leaders actuels dégagent de vrais profits.
Qu'est-ce qui ressemble le plus à 2000 ?
La concentration des indices boursiers américains, à un niveau record selon la Banque d'Angleterre, des valorisations tendues selon certaines mesures de long terme, un récit puissant et des investissements massifs.
Qu'est-ce qui diffère de 2000 ?
Les leaders actuels gagnent beaucoup d'argent : Nvidia a déclaré 215,9 milliards de dollars américains de revenus pour son exercice 2026. Et selon la Banque d'Angleterre, le ratio cours-bénéfices prévisionnel du S&P 500 restait sous ses niveaux de la bulle point-com en octobre 2025.
Combien le Nasdaq a-t-il perdu après 2000 ?
Environ 78 % entre son sommet du 10 mars 2000 et son creux de 2002. Il n'a battu son record qu'en avril 2015, quinze ans plus tard.
Faut-il vendre ses placements en IA ?
Cet article ne donne pas de conseil de placement. Personne ne peut dater une correction ; avant de modifier un portefeuille, adressez-vous à un professionnel inscrit auprès de l'Autorité des marchés financiers.
Sources
- Fortune, « Nasdaq surpasses Internet-bubble peak to set new record », 23 avril 2015 (en anglais).
- Banque d'Angleterre, « Financial Policy Committee Record - October 2025 », 8 octobre 2025 (en anglais).
- Banque du Canada, déclaration préliminaire à la conférence de presse sur le Rapport sur la stabilité financière, Carolyn Rogers, première sous-gouverneure, 28 mai 2026.
- Fonds monétaire international, « Press Briefing Transcript: Global Financial Stability Report, Annual Meetings 2026 », 13 octobre 2026 (en anglais).
- NVIDIA, « NVIDIA Announces Financial Results for Fourth Quarter and Fiscal 2026 », 25 février 2026 (en anglais).
- Autorité des marchés financiers, registre des entreprises et des individus autorisés à exercer.
Correction du 29 octobre 2026 : la version du 7 mai reposait sur des cours boursiers et des capitalisations sans source, des probabilités chiffrées sans fondement (80 % de chances d'une correction, quatre scénarios de 50, 30, 15 et 5 %), un sondage introuvable sur l'adoption de l'IA en entreprise et des conseils de placement. Ces passages sont retirés. La page s'appuie maintenant sur l'histoire vérifiée du Nasdaq, les résultats publiés de Nvidia et les mises en garde de la Banque d'Angleterre, de la Banque du Canada et du FMI. Le formulaire d'infolettre a aussi été retiré. Sources consultées le 29 octobre 2026.