Depuis l'arrivée de la 5G, une question revient : ces nouvelles ondes sont-elles dangereuses ? Voici ce que la 5G utilise vraiment, ce que disent les autorités de santé et les études, et ce qu'il faut penser des rumeurs.

Verdict : faux, selon les connaissances actuelles

Aux niveaux d'exposition permis au Canada, aucun effet de la 5G sur la santé n'a été établi. Les deux seuls effets connus des radiofréquences, le réchauffement des tissus et la stimulation des nerfs, n'apparaissent qu'au-delà des limites canadiennes (Santé Canada). La recherche se poursuit, notamment sur les fréquences les plus élevées, encore peu étudiées.

Ce qu'utilise vraiment la 5G

La 5G est la cinquième génération de technologie de communication sans fil. Selon Santé Canada, elle peut utiliser une combinaison de fréquences, dont celles des appareils 4G et, pour certaines installations, des fréquences supérieures à 6 GHz. Ces fréquences élevées n'ont rien de nouveau : elles servent depuis des années aux radars de police, aux capteurs de télédétection, à la technologie médicale et aux appareils de contrôle de sécurité des aéroports.

Des ondes non ionisantes

Les radiofréquences émises par les cellulaires et leurs antennes sont un rayonnement non ionisant, semblable à l'énergie des signaux de télévision et de radio AM et FM (Santé Canada). Contrairement aux rayons X ou gamma, elles n'ont pas assez d'énergie pour briser les liaisons chimiques de l'ADN. À forte intensité, elles peuvent réchauffer les tissus, comme un four à micro-ondes réchauffe les aliments.

Ce que disent les études

Selon Santé Canada, des milliers d'études ont évalué la sécurité des radiofréquences. Elles n'ont établi que deux effets néfastes, qui apparaissent au-delà des limites canadiennes : le réchauffement des tissus et la stimulation des nerfs, qui peut causer une sensation de fourmillement. Santé Canada rappelle aussi qu'aucune étude ne peut, à elle seule, prouver ou réfuter un effet : c'est l'ensemble des résultats, reproduits et cohérents, qui compte.

L'Organisation mondiale de la santé fait le même constat : à ce jour, après de nombreuses recherches, aucun effet néfaste n'a été relié de façon causale à l'exposition aux technologies sans fil. Elle précise toutefois que peu d'études ont encore porté sur les fréquences propres à la 5G.

En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les champs de radiofréquences comme « peut-être cancérogènes » (groupe 2B), ce qui signifie qu'un risque ne peut être exclu et doit être étudié davantage. Depuis, une revue systématique publiée en 2024, portant sur 63 études menées dans 22 pays, n'a trouvé aucune hausse du risque de tumeurs du cerveau, de l'hypophyse ou des glandes salivaires chez les utilisateurs de cellulaires, ni de tumeurs cérébrales chez les enfants et les jeunes (Karipidis et coll.).

Les limites d'exposition au Canada

Au Canada, les limites d'exposition aux radiofréquences sont fixées par le Code de sécurité 6 de Santé Canada. Elles s'appliquent au Wi-Fi, aux cellulaires, aux compteurs intelligents et aux appareils 5G, et sont complétées par des recommandations pour les appareils tenus près du corps qui fonctionnent entre 6 et 300 GHz. Avant d'être vendus au Canada, les appareils 5G doivent respecter ces exigences, et les exploitants d'antennes 5G ont les mêmes obligations que les autres. À l'échelle internationale, les lignes directrices de l'ICNIRP, révisées en 2020, couvrent les fréquences de 100 kHz à 300 GHz.

Fait souvent ignoré : selon Santé Canada, l'exposition aux antennes, installées sur des toits, des tours ou des poteaux, est beaucoup plus faible que celle qui vient d'un cellulaire qu'on utilise. Et un cellulaire émet d'autant plus fort qu'il est loin de l'antenne la plus proche.

5G et COVID-19 : une rumeur aux conséquences réelles

En 2020, une rumeur a relié le déploiement de la 5G à la pandémie de COVID-19. Un virus se transmet entre personnes ; il ne peut être ni transmis ni « activé » par des ondes radio, et Santé Canada affirme que ces liens n'ont aucun fondement scientifique. La rumeur a pourtant eu des effets concrets : près de 90 attaques contre des antennes de téléphonie ont été signalées au Royaume-Uni pendant le confinement, et des antennes 5G ont été sabotées et incendiées aux Pays-Bas.

Si vous voulez réduire votre exposition

Ce n'est pas nécessaire aux niveaux permis, mais si vous le souhaitez, Santé Canada suggère de texter plutôt que d'appeler, d'utiliser un dispositif mains libres, de limiter la durée des appels et d'appeler là où la réception est bonne.

Questions fréquentes

La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

Selon Santé Canada et l'Organisation mondiale de la santé, aucun effet néfaste n'a été établi aux niveaux d'exposition permis. Les deux seuls effets connus des radiofréquences, le réchauffement des tissus et la stimulation des nerfs, apparaissent au-delà des limites canadiennes.

Quelles fréquences la 5G utilise-t-elle ?

Une combinaison de fréquences, dont celles de la 4G et, pour certaines installations, des fréquences supérieures à 6 GHz, employées depuis des années par les radars de police ou les appareils de contrôle des aéroports, selon Santé Canada.

La 5G peut-elle causer le cancer ?

Aucun lien n'a été établi. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les radiofréquences « peut-être cancérogènes » (groupe 2B), une catégorie qui appelle à poursuivre la recherche. Une revue systématique publiée en 2024 (63 études, 22 pays) ne trouve aucune hausse des tumeurs du cerveau chez les utilisateurs de cellulaires.

Vivre près d'une antenne 5G est-il risqué ?

Selon Santé Canada, l'exposition aux antennes est beaucoup plus faible que celle d'un cellulaire qu'on utilise, et les antennes 5G doivent respecter les mêmes limites que les autres installations.

La 5G a-t-elle un lien avec la COVID-19 ?

Non. Un virus se transmet entre personnes, pas par des ondes radio. Santé Canada affirme que les liens établis entre la 5G et la COVID-19 n'ont aucun fondement scientifique.

Comment réduire son exposition si on le souhaite ?

Santé Canada suggère de texter plutôt que d'appeler, d'utiliser un dispositif mains libres, de limiter la durée des appels et d'appeler là où la réception est bonne : un cellulaire émet plus fort quand il est loin d'une antenne.

Sources

  1. Santé Canada, Technologie 5G, cellulaires, tours de téléphonie cellulaire et antenne.
  2. Santé Canada, Comprendre le Code de sécurité 6.
  3. Organisation mondiale de la santé, Radiation: 5G mobile networks and health (en anglais).
  4. Centre international de recherche sur le cancer, « IARC classifies radiofrequency electromagnetic fields as possibly carcinogenic to humans », communiqué no 208, 31 mai 2011 (en anglais).
  5. Karipidis et coll., « The effect of exposure to radiofrequency fields on cancer risk in the general and working population: a systematic review of human observational studies, Part I: most researched outcomes », Environment International, 2024.
  6. Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), « Guidelines for Limiting Exposure to Electromagnetic Fields (100 kHz to 300 GHz) », Health Physics, 2020.
  7. Wikipédia en anglais, 5G misinformation : attaques d'antennes au Royaume-Uni et aux Pays-Bas en 2020.

Correction du 29 octobre 2026 : la version de mars situait la 5G entre 24 et 100 GHz, citait une revue de l'Agence européenne pour l'environnement que nous n'avons pas retrouvée, présentait une limite de l'ICNIRP de 2 W/m² comme valable « pour la plupart des applications » (les limites varient selon la fréquence) et prêtait à l'OMS une affirmation plus catégorique que la sienne. Elle portait aussi la table des matières, l'image et la catégorie d'un article sur les légendes urbaines, et ne citait aucune source. Le texte a été réécrit et 7 sources liées ci-dessus. Sources consultées le 29 octobre 2026.