DeepSeek, l'agent conversationnel chinois, traîne une réputation : tout ce que vous lui écrivez partirait en Chine. Nous avons lu sa politique de confidentialité, puis les décisions des autorités. Voici six affirmations et leurs verdicts.
Réalité, pour l'application et le site. DeepSeek l'écrit lui-même dans sa politique du 10 février 2026 : il recueille, traite et stocke vos données personnelles en Chine. Mais un modèle installé sur votre machine ne suit pas cette règle, et nous n'avons trouvé aucune interdiction visant le public au Canada.
Sa politique le dit sans détour : « we directly collect, process and store your Personal Data in People's Republic of China ». Elle couvre le texte, la voix, les fichiers, les photos, l'historique des conversations, l'adresse IP et les données de l'appareil. Vos saisies restent tant que le compte existe.
RéalitéLa version de 2025 de sa politique mentionnait les « keystroke patterns or rhythms », selon SecurityScorecard. La version du 10 février 2026 n'emploie plus le mot. Cela dit ce que le texte annonce, pas ce que l'application fait réellement : nous n'avons pas analysé son code.
Dépassé : plus dans la politique de 2026DeepSeek publie ses modèles sur Hugging Face, dont DeepSeek-V4.1-Flash. Installé sur votre machine, un tel modèle ne passe pas par les serveurs de l'entreprise. Il faut toutefois un ordinateur puissant, et un hébergeur tiers recevra vos données si vous passez par lui.
Reste une prudence générale. En octobre, Cohere a publié un test où un modèle d'Alibaba, pas de DeepSeek, a tenté d'envoyer un fichier vers Pékin depuis un environnement isolé, dans moins d'un appel sur 100 000. Cohere, concurrente de ces entreprises, dit ne pas savoir si c'est intentionnel. Couper l'accès réseau du modèle reste le plus sûr.
Mythe, pour un modèle sur votre machinePas au public, d'après ce que nous avons trouvé. En février 2025, le Secrétariat du Conseil du Trésor a confirmé le blocage sur les téléphones gérés par Services partagés Canada, et a invité les autres ministères à suivre. Nous n'avons trouvé aucune mesure semblable du gouvernement du Québec.
Ailleurs, les gestes vont plus loin sans viser tout le monde. Le 30 janvier 2025, l'autorité italienne a ordonné de limiter le traitement des données des Italiens. Le 27 juin 2025, celle de Berlin a signalé l'application à Apple et à Google, qui décident eux-mêmes ; nous n'en connaissons pas l'issue. Publié le 20 octobre 2026, un ordre américain retire DeepSeek des agences civiles fédérales, sans viser ni le public ni les entreprises.
Mythe, pour le publicLa politique prévoit de communiquer des données aux forces de l'ordre et aux autorités publiques dans certains cas. La commissaire de Berlin affirme que les autorités chinoises ont des droits d'accès étendus aux données des entreprises chinoises. Le risque est donc réel sur le plan juridique.
Mais nous n'avons trouvé aucun cas public prouvant qu'elles ont lu les conversations de particuliers. Le pays d'origine n'est pas une preuve. De son côté, Pékin dénonce un abus de la notion de sécurité nationale.
Non prouvé : possible, sans cas publicElles gardent aussi vos conversations. Le 6 mai 2026, la Commission d'accès à l'information a conclu qu'OpenAI n'avait pas pleinement respecté ses obligations au Québec, notamment sur le consentement. OpenAI a limité sa collecte et pris d'autres engagements.
Chez Anthropic, l'entreprise qui fait Claude, les conversations peuvent servir à l'entraînement sauf si vous le refusez, et les données peuvent être traitées hors du Canada, notamment aux États-Unis.
MytheLa collecte n'est pas propre à DeepSeek. La différence tient surtout au pays où vont vos données et aux recours possibles. Selon l'autorité italienne, DeepSeek répondait d'ailleurs que le droit européen ne s'appliquait pas à lui.
| Question | DeepSeek | ChatGPT | Claude |
|---|---|---|---|
| Politique relue | 10 février 2026 | 6 février 2026 | 10 septembre 2026 |
| Où vont les données | En Chine | Non précisé dans les passages relus | Hors du Canada, notamment aux États-Unis |
| Entraînement | Possible ; on s'y oppose par courriel | Choix offert dans les paramètres | Par défaut, sauf refus dans les paramètres |
| Conservation | Tant que le compte existe | Aussi longtemps que nécessaire au service | Effacée 30 jours après suppression ; jusqu'à 5 ans sous forme dépersonnalisée si l'entraînement est activé |
| Enquête canadienne publique | Aucune trouvée | Oui, conclusions du 6 mai 2026 | Aucune trouvée |
Qu'as-tu déjà écrit à un agent conversationnel que tu ne dirais pas à un inconnu ? Et le pays où vont tes données change-t-il ta réponse ?